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Le blog Ecolo du Jour a été lancé en 2006 afin de réfléchir, ensemble, aux meilleurs chemins à emprunter pour lutter contre le réchauffement climatique et rendre notre quotidien plus écologique. Il se veut un lieu personnel d'échanges, de réflexions mais aussi et surtout, créateur d'idées et d'espoirs !
En ce qui me concerne, j'ai 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 ans, trois enfants et après 6 années en Suède, je vis de nouveau en France, à Lille, depuis 2011.

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 08:36

Depuis plusieurs mois, je me suis rendu compte que mon blog était lu par une personne en Australie....Ouah, Ecolo du jour suivi en Australie....c'est le début de la gloire :-)  Et puis, au travers d'un commentaire laissé, j'ai pu en profiter pour découvrir le blog de cette fameuse personne......Et là, j'étais encore plus fier d'avoir une telle lectrice car croyez moi, son blog est MAGNIFIQUE.

 

Aussi, l'idée m'est venue de poser quelques questions à Charlotte (car c'est son prénom) afin de recueillir un témoignage d'une "locale" sur l'environnement en Australie. Je suis certain que comme moi, vous trouverez l'initiative intéressante car son témoignage est très riche et passionant.

 

Partons maintenant pour l'Australie .......


 

  koala-charlotte.jpg

Crédit Photo : Charlotte - http://the-aussie-post.tumblr.com/

 

 

 

Depuis combien de temps vis tu en Australie?


Je suis arrivée avec mon copain en octobre 2008, donc cela fait maintenant plus de 4 ans.



En France, on entend parler d'Australie surtout ...lorsque les étés battent des records de chaleur ou pour la perte de la barrière de corail comme conséquence du réchauffement climatique..... Est ce que ces sujets sont abordés dans les médias locaux et sont ils une vraie préoccupation pour les Australiens?

Le réchauffement climatique est un sujet controversé en Australie : il y a une partie des médias qui n'y croient pas. Ils sont surtout appuyés par le lobby minier, qui a beaucoup de pouvoir et fait tourner l'économie locale.  Mais ce début d'année est  particulièrement "torride" : nous avons connu le jour le plus chaud depuis le début des relevés de température, le 8 janvier dernier avec 40.33 degrés en moyenne dans tout le pays. Le bureau météorologique a même créé une nouvelle couleur pour les températures superieures à 50 degrés sur ses cartes. Le débat est donc recentré plus que jamais sur l'impact de nos activités humaines sur le climat.
La grande barrière de corail est menacée par le réchauffement des eaux, c'est vrai, mais aussi par les exploitations minières. Et puis il y aussi l'exploitation du gaz de charbon, avec ses procédés d'extraction similaires à l'exploitation du gaz de schiste (et tous les dangers qui vont avec), menaçant les eaux souterraines de beaucoup de régions. Si certains ici tentent encore de protéger le lobby minier, beaucoup d'autres se battent et tachent de se faire entendre pour défendre leur patrimoine naturel.  

L'Australie a vu naitre la permaculture avec Mollison et Holmgren qui ont vraiment mis en pratique cette approche. Est ce quelque chose de partagé dans le pays? Comment cela se manifeste il concrêtement?

La permaculture est un mouvement très répandu ici. Elle se base sur trois principes éthiques : prendre soin de la terre, prendre soin des hommes et redistribuer le surplus. Elle permet de réduire notre empreinte écologique et surtout de réparer les dégats commis au fil des décennies sur la nature (déforestation, pollution des eaux, du sol...). C'est donc une approche très intéressante. Elle profite de tout ce que les systèmes naturels peuvent nous offrir (par exemple, il n'y a rien de mieux que de la végétation, un peu d'oxygène et de soleil pour stériliser l'eau de votre machine à laver).

La permaculture aborde aussi le concept de résilience dont tu parlais il y a quelques temps sur ton blog.
Il suffit de se rendre dans l'un des nombreux jardins communautaires qui fleurissent aux quatre coins de Sydney pour s'aperçevoir que la permaculture marche bien ici. Il y a aussi pas mal de gens qui ont à la maison leur propre jardin de permaculture.

Les diplômes dans cette discipline sont légion, donc chacun peut s'y mettre. Et enfin, il y a plein d'associations pour vous aider à vous lancer et renforcer l'esprit communautaire du mouvement (par exemple dans mon association, tous les mois, la communauté aide un adhérent à bâtir un projet de permaculture. Chacun amène de quoi grignoter, des outils, et tout le monde se met à l'oeuvre dans la bonne humeur). 

La ville de Sydney elle-même organise des cours gratuits pour éduquer les gens à des pratiques écolos, qui ne sont ni plus ni moins que des techniques de permaculture : le compost, l'aquaponie, le fait-maison...

permaculture-Charlotte.jpg

Crédit Photo : Charlotte - http://the-aussie-post.tumblr.com/

Compte tenu de la place dans le pays, on imagine les villes australiennes immenses ....avec donc beaucoup de pavillons aux alentours. Quid des transports en commun? de la place des Vélos?

Les villes sont en effet très étendues... et à Sydney particulièrement, les transports en commun sont... une catastrophe.

Les gens aiment leur grosse voiture et ne la quittent jamais. Il y a des bus, des trains et des ferries, mais le système aurait besoin d'être rajeuni. Toutefois, Sydney a mis en place des pistes cyclables et communique beaucoup dessus.
Ca semble marcher : le nombre d'usagers s'accroît de jour en jour. Mais il faut être sportif, car Sydney est mine de rien une ville plutôt (très) vallonnée ! Les transports en commun semblent être un peu mieux organisés dans les autres villes. Et enfin, pour se déplacer d'une ville à l'autre sur ce grand continent... il faut prendre l'avion. On entend parler d'un projet de TGV depuis pas mal de temps, je croise les doigts pour qu'il aboutisse un jour.


Au quotidien, sais tu comment sont gérés les déchets? Systèmes de tri ? Dépots dans des bennes? Récupération automatique comme en Suède?

On trie ses déchets : une poubelle pour le papier, le verre et le platique recyclable (un système de chiffres imprimés sur le plastique recyclable a été mis en place afin de reconnaître ceux que l'on peut recycler), et une autre pour les déchets qui finiront à la décharge. Il y a aussi régulièrement une collecte de green waste (déchets végétaux) et de e-waste (matériel électronique).

Et enfin, les municipalités organisent plusieurs fois par ans des general clean-up (débarras de la maison). C'est alors l'occasion de voir les rues transformées en une brocante géante.  Les objets sont destinés à la benne mais beaucoup en profitent pour se servir (on y trouve des trésors !) Voilà pour Sydney, où j'habite. La gestion des déchets change selon la région (il me semble qu'en Australie occidentale, on ne trie pas ses déchets). 

L'agriculture bio est elle développée et est ce que l'on trouve des Amap ou des formules de ce type?

L'Australie a mis du temps à se mettre au bio, mais il s'est bien propagé ces dernières années et il connait désormais un succès qui ne désemplit pas. Dans les grandes surfaces, de plus en plus souvent, les produits bios sont sous emballage plastique, ainsi, il vaut mieux faire les marchés de producteurs ou avoir recours à un système de type Amap pour se procurer des produits tout en réduisant son empreinte carbone.

Food Connect en est un parfait exemple : vous choisissez la taille du panier qui correspond a votre style de vie et vous vous faites livrer toutes les semaines, chez vous, ou chez un "city cousin" (une personne acceptant de recueillir les paniers du voisinage). Les prix sont compétitifs et les fruits et légumes sont produits localement, la plupart du temps au sein même de l'état. C'est une information importante car en Australie, des bananes provenant du Queensland et vendues à Adelaide sont considérées comme locales, alors qu'elles ont parcouru 2000 km !.
Il y a aussi des coopératives qui vous permettent de venir avec vos bocaux, afin d'acheter les produits en vrac et de limiter les emballages.

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Crédit Photo : Charlotte - http://the-aussie-post.tumblr.com/
On imagine la faune et la flore très différentes......est ce que des actions spécifiques sont menées pour les préserver?

La faune et la flore australiennes sont en effet très différentes et très sensibles à l'invasion d'autres espèces, le passé du pays en témoigne. Le crapaud de canne (cane toad) par exemple, un batracien énorme, poursuit son avancée dans le nord du pays sans que le gouvernement n'ait trouvé de solution pour l'arrêter. Le poison du crapaud est très toxique et tue tout ce qui cherche à le manger. Il y a aussi le lapin importé par les premiers colons qui a mené les locaux à construire des barrières de protection longues en tout de 3200 km. Les douanes ne vous laisseront donc pas importer n'importe quoi et les contrôles sont très strictes là dessus. Il y a même des zones de quarantaine entre les états.

Les activités humaines impactent aussi grandement sur les espèces locales. Le d
éclin des populations d'oiseaux australiens est par exemple le plus rapide au monde. Le pays prend parfois ses responsabilités, par exemple il a créé cette année le plus vaste réseau de réserves marines protégées au monde. Il vous coûtera aussi très cher d'écraser par inadvertance certains animaux protégés.

Les espèces d'animaux emblématiques du pays bénéficient de beaucoup de communication : c'est le cas du koala qui pourrait bien tout simplement disparaitre à cause de la déforestation et des activités humaines, le diable de Tasmanie bénéficie aussi de la recherche scientifique pour tenter d'enrayer sa disparition...

Ensuite, beaucoup d'associations prennent le relais pour protéger la flore native et limiter le déclin des populations animales. C'est le cas de Wires par exemple, où je suis bénévole : tout un réseau de vétérinaires amateurs se mobilise pour soigner les animaux blessés ou orphelins et les réintroduire dans la nature. Il faut pour cela faire une formation et obtenir un permis pour être habilité à manipuler les animaux sauvages.

Enfin, des rangers sont remunérés par l'Etat afin d'entretenir les parcs nationaux. A l'échelle des villes, les communes ou des volontaires se chargent de la préservation de la végétation. Les villes de nos jours replantent aussi beaucoup d'arbres natifs, qui résistent beaucoup mieux au climat que les espèces européennes et qui apportent la nourriture nécessaire à la faune locale pour survivre.

 

 

Merci Beaucoup, Charlotte, pour toutes ces informations.

 

J'en profite pour lancer un appel à des blogueurs du monde entier, intéressés par l'environnement. Si on montait un petit réseau entre nous, avec partage d'informations et interviews croisées? N'hésitez pas à me contacter :-)

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commentaires

eric lozach 18/05/2014 02:35


bonjour , felicitations , c'est vraiment tres interessant toutes ces informations sur aquaponiepermaculture , je me lance ,


 


merci encore et a bientot eric

Antigone XXI 26/01/2013 12:21


Steiner, c'est un peu le fondateur de la biodynamie (et d'un peu tout plein de choses en
fait... en Allemagne, il est considéré comme un saint ou... un taré, c'est selon), donc j'ai jumpé un peu vite de celle-ci à la permaculture, sorry ! ;-)


Et oui, sinon, le Japon d'après-guerre a beaucoup participé au dvpt de l'agriculture biologique, MM Robin en parle d'ailleurs un peu dans son dernier livre (vraiment très bien, soit dit en
passant). 


Une interview ? Quand tu veux ! Ca me ferait même très plaisir ! Mini-bémol : je suis dans mon dernier mois de rédaction de thèse... d'ici mars, je revis et à ce moment-là, je serai super
partante ! 


Et aucun souci pour trouver de quoi alimenter ce réseau ! Je connais quelques blogueurs d'un peu partout dans le monde... ce serait une excellente idée ! 


 

Charlotte 23/01/2013 23:41


Gregoire, en fait j'ai decouvert ton blog par le biais d'Ophelie : tu avais laisse un commentaire avec un lien... comme quoi, oui, les gens partageant les memes interets se retrouvent vite! :)

Grégoire 22/01/2013 10:30


En effet, la blogosphère est un petit monde si tu étais aussi en contactavec Charlotte !!!!! Ou alors, une fois que l'on a les mêmes centres d'intérêts, on se retrouve vite sur la toile :-)
(D'ailleurs, j'en profite pour te conseiller le site www.ecoloinfo.com, site collaboratif très intéressant et pour lequel j'écris régulièrement). Pour la permaculture,....je ne connais pas
Steiner mais c'est vraiment depuis l'Australie que ce mouvement s'est remis au gout du jour et s'est développé dans le monde (je crois qu'au même moment, il y a eu un japonais qui travaillait sur
le sujet et qui a bcp aidé au dvpt de la permaculture au Japon).


Pour le réseau des blogueurs écolos...... Super si tu es partante ! Tu en connais d'autres ? Partante pour une interview?????? :-)


 


 

Antigone XXI 21/01/2013 12:40


Oh, c'est chouette de retrouver Charlotte ici ! La blogosphère est un petit monde... :-)


Interview très intéressante (qui me donne encore plus envie d'aller habiter en Australie !), et j'ai appris une chose (entre autre) : l'origine australienne de la permaculture - je la croyais
allemande (Steiner...) 


Merci beaucoup Grégoire pour cette interview et à fond pour le réseau écolo !