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Le blog Ecolo du Jour a été lancé en 2006 afin de réfléchir, ensemble, aux meilleurs chemins à emprunter pour lutter contre le réchauffement climatique et rendre notre quotidien plus écologique. Il se veut un lieu personnel d'échanges, de réflexions mais aussi et surtout, créateur d'idées et d'espoirs !
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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 10:50

Je viens de lire dans la presse des publicités payées par le mouvement des jeunes agriculteurs. Hélàs, les formats de ces pubs sont trop grands et je n'arrive pas à les scanner correctement mais je vais ici reprendre les différents éléments présents et essayer de les commenter/décortiquer.


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Tout d'abord, le titre, en très gros  :
Y aura t'il encore des jeunes agriculteurs pour produire nos aliments demain?
puis "Les premières propositions du Grenelle de l'Environnement bouleversent l'agriculture française" (sous entendu, si bientôt nous n'allons plus avoir de jeunes agriculteurs, c'est à cause des propositions du Grenelle !!!)

"Les jeunes agriculteurs soutienne les objectifs du Grenelle pour un environnement mieux préservé mais regrettent que les volets social et économique qui font aussi partie du développement durable ne soient pas pris en compte" . Là encore, curieux raccourci ou sous entendu du style : Les écolos ne pensent qu'à la nature et pas aux êtres humains....ce qui est faut quand on lit les propositions du groupe 4 du Grenelle de l'environnement, lesquelles par exemple préconisent la mise en place d'un référentiel avec un niveau de "haute valeur environnementale". Dans le cas où des jeunes agriculteurs souhaiteraient se lancer dès le début dans cette filière, ils se verraient attribuer un bonus. 

"De plus, en visant tous les moyens modernes de production, il risque d'aboutir, à terme, à arrêter certaines cultures et à délocaliser les productions agricoles"... En gros, les écolos nous proposent le retour à la bougie et ne sont pas responsables car ils s'attaquent au coté moderne. Ensuite, on parle juste d'un "risque" et on ne précise pas quelles cultures il va falloir arrêter ou délocaliser !

Puis viennent deux grandes interpellations : "L'environnement sera t'il gagnant?
- Délocaliser, c'est utiliser du pétrole pour importer nos aliments depuis l'Amérique du Sud ou l'Asie
- Délocaliser, c'est ne plus pouvoir identifier l'agriculteur qui a produit ce que nous mangeons et régresser en matière de traçabilité et de sécurité alimentaire, ce qu'exigent pourtant les consommateurs
"

Grossièrement, cela sous entend...si on fait ce que nous disent les écolos, on va être dépendant de l'étranger et c'est bien connu, tout ce qui vient de l'étranger, c'est mauvais et dangeureux ! Par ailleurs, dans le document, tout le monde s'accorde dans l'introduction pour expliquer qu'une approche intensive appauvrit la fertilité des sols ....et dans ce cas, si l'on doit interrompre les productions, c'est à cause des écolos ou d'une utilisation excessive des ressources naturelles? Enfin, à aucun moment n'est mentionné dans les recommandations du Grenelle un abandon de certaines cultures donc, pourquoi nous faire peur avec l'étranger?...(mais peut être est ce de mode?)

Autre chapitre : 
"Notre vocation : nourrir les Hommes. 
Et demain?
- Les stocks alimentaires mondiaux sont au plus bas
- Le prix de certaines matières premières agricoles a doublé récemment, menaçant le pouvoir d'achat de tous les foyers à commencer par les plus modestes
- En 2007, année pluvieuse, nous n'aurions pas eu de raisins ni de pommes de terre sans protéger nos récoltes
"
Là encore, je trouve les arguments simplificateurs....car si les stocks alimentaires sont au plus bas, c'est bien parce qu'il y a un basculement du monde agricole pour produire des "matières premières" nécessaires aux agro carburants et non plus pour l'alimentation. Ensuite, si le pouvoir d'acaht est menacé pour certains produits, cela peut découler de l'argument précédent mais aussi pas une intensification des coûts marketing (plus d'emballages, plus de promo télé et boites aux lettres) car souvent, la matière première représente peu dans le prix final du produit ! Et puis, terminer sur l'argument sous entendu que nous n'aurons plus de vin, nous Français, si on ne garde pas tous les pesticides....C'est un peu, gros comme ficelle, non?

Viennent ensuite les conclusions
"Seule une agriculture moderne et durable peut conjuguer production suffisante, qualité et sécurité sanitaire des aliments.
Nous avons déjà réalisé de nombreux efforts pour raisonner nos méthodes culturales (diminution des intrants...), pour mieux gérer les ressources en eau et pour maintenir la biodiversité...
Des progrès sont encore possibles pour continuer à améliorer les bilans environnementaux de l'agriculture et nous sommes prêts à nous y engager. C'est pourquoi nous devons prendre part aux débats."


Pour le premier point, tout le monde ne peut qu'être d'accord car c'est très généraliste et "ca ne mange pas de pain"...toute la question est de savoir ce que l'on entend pas une agriculture durable ! 

Pour le second argument, je trouve que le propos est une fois de plus vicieux. Il sous entend que des efforts ont déjà été faits et que donc, il faut faire confiance aux agriculteurs pour la suite alors que ces efforts, il aura fallu au moins 20 ans pour qu'ils apparaissent et ils sont loin d'être suffisants. On est dans une logique du "je fais des efforts donc, laissez moi tranquille" mais, le rôle de l'Etat n'est il pas d'impulser une dynamique, de tracer des grandes lignes pour que tout le monde s'y adapte le plus rapidement possible plutôt qu'un laisser faire souhaité par les Jeunes Agriculteurs?

Enfin, terminer par "nous devons prendre part aux débats" est très choquant car une fois de plus, cela laisse entendre que ce sont les écolos qui vont tout dicter lors de ce Grenelle mais .....quand on regarde sur le site du Grenelle de l'Environnement, on voit qu'il y a eu un représentant des Jeunes Agriculteurs aux travaux préparatoires, tout comme des représentants de la FNSEA.

En fait, cette publicité est pour moi un "bel" exemple de manipulation des esprits, qui fait appel aux angoisses des Français en les enfermant dans un schéma du style : "l"écolo n'est pas responsable, moi qui suis un terrien, tu peux me faire confiance".

Alors, quand je lis ça, je ne me demande pas s'il y aura encore des jeunes agriculteurs pour produire nos aliments demain mais plutôt s'il y aura encore des jeunes agriculteurs pour continuer à nous manipuler demain !

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Published by Grégoire - dans l'écolonomiste
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commentaires

Bebert le vert 12/10/2007 23:51

En tous cas les "pauvres" jeunes agriculteurs ont encore assez d'argent pour se payer une bonne séance de propagande alors qu'il suffit de s'informer un peu pour vois ce que provoque le type d'agriculture qu'ils pratiquent. Passez donc au bio et tout ira mieux pour vous messieurs

Pif57 12/10/2007 20:39

M'enfin ! Laissez un peu les jeunes agriculteurs tranquilles ! Ils en bavent à mort, tout leur est imposé par Bruxelles une fois, les normes de plus en plus strictes, le prix au kg de viande et du litre de lait sans parler des quotas, pour un salaire de misère (le smic pour la plupart), des dettes qui ne font que s'accumuler, avec des investissements obligatoires, dont l'achat de terres pour ne pas mourir tout de suite !!!!!!Je fais confiance aux J.A. pour retarder l'inéluctable, à savoir la main-mise de l'agriculture par des grands groupes (Pionner Hi-Bred et Monsanto) qui distribueront leur semences hybrides stériles et/ou OGM et feront chanter les petits paysans en leur suçant la moelle jusqu'au fond...

joelle 12/10/2007 19:07

m'enfin ! où est le problème. Les stocks mondiaux sont au plus bas, et alors ! on prépare déjà le clonage des animaux d'alimentation, les hommes ne mangeront plus que la viande de clones, en attendant qu'on clone les hybrides humains animaux vu que le U.K vient de donner l'autorisation de cloner les animaux avec des cellules souches humaines, bien sûr ce n'est que pour la génomique aujourd'hui, mais demain, quand on s'apercevra que les clones d'animaux sont dégoûtants à manger ??????????????pétition contre le clonage des animaux d'alimentation surhttp://unanimus.over-blog.com

vincelefou 12/10/2007 14:34

en effets la munipulation par la publicité est sur tout les fronts,les looybies contre attaque.hier  en écoutant france inter  j'ai entendu q'en aquitaine trois champs de blé bio ont du être arraché du aux contaminations OGM et a du sabotage. je n'ai pas plu d'information pour l'instant et la télé n'en parlera surement pas.

isabelle 12/10/2007 01:53

Pour donner de l'eau à ton moulin : "notre rôle est de nourrir les hommes". 60 % de la SAU française est aujourd'huiconsacré à l'alimentation animale, (maïs, plus de 40 % de la surface céréalière, quasi 100 % pour l'alimentation animale). Si on compte les importations, notamment de soja, c'est l'équivalent de 80 % de notre surface agricole qui est destinée à l'alimentation animale. Source solagral que j'ai vérifiées en croisant les multiples tableaux d'agreste.Notre agriculture est une des plus chimisée du monde : la France est le premier pays utilisateur de pesticides à l'hectare. Boustés aux engrais, les blés -français ne sont pas panifiables tels quels, ils sont trop gorgés d'eau. c'est pourquoi nous devons complémenter nos blés destinés à l'alimentation humaine de blés argentins et américains, qui sont moins gorgés d'eau. (source : claude Bourguignon)" Nous avons déjà réalisé de nombreux efforts pour raisonner nos méthodes culturales" : en fait, aujourd'hui on a développé d'autres méthodes culturales, à la fois intensives et écologiques. C'est ce qu'on appelle la révolution doublement verte. Elles s'appuient sur le remplacement de produits chimiques (engrais pesticides) par des techniques écologiques de renforcement de la machine écologique qu'est le sol. Ce sont d'AUTRES techniques. Elles ne laissent jamais le sol à nu et s'appuient sur des successions culturales, dont certaines n'ont opas pour vocation d'être récoltées mais d'alimenter le sol afin de booster les microorganismes et autres vers de terre. Ces derniers permettent de rendre disponibles dans le sol les minéraux indispensables à la croissance des plantes -phosphore, potasse, azote- et de l'aérer ce qui permet de rendre au sol sa structure d'éponge et ainsi de diminuer l'irrigation. Enfin, en utilisant des mélanges variétaux pour une même culture (ex : 4 variétés de blé au lieu d'une seule) elles permettent d'améliorer la résistance aux ravageurs et aux maladies et aux aléas climatiques. Ces techniques permettent ainsi de s'affranchir peu à peu des engrais, des pesticides, voire de l'irrigation. On passe du traitement systématique au traitement curatif. C'est intensif -on a besoin d'une agriculture intensive si on ne veut pas défricher toutes les forêts et alimenter demain 9 milliards d'homme- et écologique. C'est une vraie révolution. Et assez récente (pas plus de 15 ans). Elle permet en plus aux agriculteurs d'économiser beaucoup de charges. mais ça demande pour les agriculteurs de changer totalement la vision de leurs pratiques.En France, seuls 10000 ha sont cultivés selon ces méthodes.Mais il ne faut pas s'étonner que la publicité n'en soit pas grandement faite aux agriculteurs français car leurs conseillers sont aussi pour la plupart ceux qui vendent les produits phyto et engrais... Remplacer des produits vendables par de la connaissance échangeable, c'est sûr que cela ne sert pas foprcément les intérêts des grandes industries.Le spécialiste en France est Michel Griffon, qui participait aux Grenelle.