Difficile, aux Pays Bas, de construire de nouvelles habitations
sans augmenter son empreinte écologique. Avec déjà la plus forte densité d’habitants au km² en Europe, l'enjeu est souvent d'optimiser l'espace, de diminuer l'empreinte écologique tout
en permettant à des particuliers de se loger !
Pour résoudre cette équation complexe, la ville d’Amersfoort a décidé, au milieu des années 90, de se lancer dans un programme ambitieux de quartier
« solaire ».
L’idée a été d’avoir un terrain d’expérimentation et d’essais pour
pouvoir ensuite développer pleinement la filière de l’énergie solaire aux Pays Bas. Et c’est bien là que réside la force de ce projet (tout comme dans ceux qui sont menés
depuis de nombreuses années dans les pays nordiques) : le risque pris par les pouvoirs publics afin d'avancer pour
trouver de nouvelles solutions.
Les travaux dans le nouveau quartier de Nieuwland ont débuté en 1995
pour se terminer en 2002. Sur une surface de plus de 70 hectares, 5.000 habitations ont été construites, ainsi que des équipements collectifs (écoles et centres sportifs par
exemple).
Afin de bien piloter ce projet et de ne pas s’écarter des objectifs
initiaux fixés, les autorités locales ont eu recours à la méthode
DCBA qui permet de suivre à tout moment le niveau d’exigence environnementale du projet, en sachant que le D est considéré comme la base et le « A » est
synonyme d’excellence.
5 approches différentes de gestion de l’énergie solaire ont été
testées à Amersfoort – Nieuwland :
- trois écoles primaires à faible consommation énergétique. En plus de matériaux isolants, l’une d’entre elle accueille
192 panneaux solaires ! Ce qui est également intéressant, c’est l’implication et la sensibilisation qui est faite auprès des enfants dans la mesure où des points infos retranscrivent
quotidiennement les performances des panneaux
- Un projet photovoltaïque avec comme objectif,
la production d’1MWp. Ce qui signifie que 500 habitations ont été équipées chacune de panneaux solaires sur une surface moyenne de 20m². (Au final, l’ensemble de la production est de 1,3
MWp !)
- 50 logements sociaux ont été équipés
de capteurs solaires et panneaux photovoltaiques
- 19 habitations destinées à la vente équipées de
panneaux solaires pour leur propre consommation
- Et enfin, deux bâtiments « à énergie
équilibrée » faisant appel aussi bien aux énergies solaires qu’à des éléments présents dans les maisons passives (triple vitrage, par exemple)
Ce projet, mené à grande échelle, a permis de valider de nombreux
aspects dans les constructions de nouveaux quartiers. Ainsi, la présence de panneaux solaires ne défigure pas l’ensemble. Ensuite, l’organisme social a appris à gérer des logements intégrant des
panneaux solaires et enfin des nouvelles techniques ont pu être développées, afin de capter au mieux l’énergie solaire.
Contrat rempli, donc, pour ce quartier et on ne peut
qu’inciter des municipalités ou promoteurs immobiliers, à se lancer dans des projets ayant une telle envergure car cela fait avancer à grand pas la technologie et la perception des
énergies alternatives dans nos sociétés.
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