
Le blog Ecolo du Jour a été lancé en 2006 afin de réfléchir, ensemble, aux meilleurs chemins à
emprunter pour lutter contre le réchauffement climatique et rendre notre quotidien plus écologique. Il se veut un lieu d'échanges, de réflexions mais aussi et surtout, créateur d'idées et
d'espoirs !
En ce qui me concerne, j'ai 39 ans, trois enfants et vis depuis quelques années en
Suède.
N'hésitez pas à vous abonner à la Newsletter, ce qui nous permettra de garder un lien et de continuer nos échanges d'idées.
Les chiffres des ventes automobiles en Suède me laissent perplexe ! Ainsi, sur les 6 premiers mois de l'année 2008, les voitures
considérées comme vertes (roulant à base d'Ethanol, de biogaz ou encore hybride) ont représenté plus de 30 % des ventes de véhicules neufs ! Dans certaines grandes communes (comparable à
nos départements), ce chiffre peut monter jusqu'à 43 % !
Alors qu'en France, les agrocarburants sont appelés par certains "Nécrocarburants" ("La faim, la bagnole, le blé et nous" de Fabrice Nicolino), qu'ils sont de plus en plus montrés du doigt
comme étant à l'origine de la faim dans le monde, les Suédois s'engouffrent au contraire de cette direction.
Seraient ils devenus soudainement peu respectueux de la nature et des autres? Manqueraient ils d'information par rapport aux Français? Pour ce dernier point, j'en doute
énormément car ici, pas un jour sans un article de fond, dans les médias, sur le réchauffement climatique, les questions énergétiques et autres sujets environnementaux.
Je crois que la différence d'approche vient, une fois de plus, du pragmatisme suédois, en opposition à la "passion" française.
Je me demande en effet s'il ne vaut pas mieux produire de l'éthanol et/ou d'en importer un minimum, ce qui permet de peser sur le marché de l'offre (comme le fait la société suédoise dont
j'ai parlé ici), plutôt que de s'opposer à une filière qui se développera, quoi qu'il arrive?
En nous fermant ou tout du moins en nous opposant à ces nouvelles sources d'approvisionnement, nous risquons également de passer à coté des agrocarburants dits de deuxième génération, en
orientant ailleurs nos investissements(publics et privés) en matière de recherche et développement.
Dans un monde globalisé, peut on réellement fermer nos frontières aux agrocarburants en sachant que les Etats vont en produire de plus en plus (au regard des programmes environnementaux de Mc Cain et Obama) et que de nouvelles technologies d'exploitation vont se mettre en place? Cet
isolement ne sera t'il pas une plus grande dépendance, encore, au pétrole ou au nucléaire, sans préparer l'avenir?
Plus je cherche à comprendre ces enjeux, plus je me dis qu'il faut que nous ayons une attitude très volontariste en matière d'agrocarburants: importation uniquement
d'agrocarburants équitables avec des normes mondiales reconnues par tous (avec comme critère premier, la production d'agrocarburants qui n'a pas eu d'emprise sur les forets primaires), mise en
place de normes drastiques au niveau des moteurs pour limiter les consommations et les émissions de CO2 (à ce sujet, un débat crucial ce déroule actuellement au Parlement Européen), orientation de notre recherche sur les agrocarburants de
seconde génération et incitation fiscale plus forte en France pour ces véhicules.
Enfin, pour les questions de faim dans le monde, ne touchons nous pas un problème qui va au delà des agrocarburantsavec une répartition des richesses injustes, des systèmes de
subventions qui étouffent les petits pays et une trop grande consommation de viande dans les pays occidentaux (quand on sait qu'environ 40% des récoltes sont destinés au
bétail..!!!).
Alors, je ne sais pas comment vous voyez les choses mais pour moi, les agrocarburants, il faut "y aller" plutôt que de les dénoncer en permanence. Autant être acteur dans une filière
(en en connaissant toutes les conséquences et en faisant en sorte de les corriger si nécessaire), plutôt que d'attendre...une éventuelle solution miracle, non?
Même si mes vacances sont finies depuis assez longtemps, je n'avais pas vraiment repris mon
activité de blogueur, mais voilà......je me décide finalement à continuer tout de même ce blog mais un peu différemment.
Pas simple, en effet, de toujours trouver de la motivation pour vous faire part de découvertes ou d'idées qui me tiennent à coeur. Je pourrais, en bon écologiste, recycler des anciens papiers (un
peu comme nous le fait la presse en général) mais bon, cela ne fait pas avancer le schmilblick !
Bloguer signifie parfois passer entre 3 et 4 heures pour écrire un papier......vous imaginez le temps que cela nécessite, d'autant plus que ma vie est bien remplie à coté du blog !
Je pourrais reprendre des communiqués de presse que je reçois régulièrement mais là, je ne serais que dans une démarche de greenwashing et également, de remplissage de blog.....ce que je constate
parfois dans la blogosphère. Je pourrais également écrire des articles rémunérés pour valoriser telle ou telle démarche d'entreprises (ce qui se fait de plus en plus de manière déguisée)
mais ce n'est pas dans cette optique que je souhaite m'inscrire.
J'ai tout simplement envie de continuer à partager avec vous des idées simples, des coups de coeur mais aussi de vous présenter des solutions déjà mises en place en Suède et dans les pays
scandinaves. L'environnement ne doit pas être considéré comme une contrainte mais au contraire comme une formidable chance pour notre génération, de repenser notre mode de vie,
nos échanges Nord Sud, notre rapport au temps, à la terre et la nature et finalement, notre rapport aux autres. Des solutions existent, à nous
d'oser les appliquer.
Le rythme de mes papiers sera certainement moins régulier qu'auparavant mais le contenu devrait être plus fouillé et réfléchi (enfin.... je l'espère :-) et je compte sur vos
remarques pour me "recadrer" si besoin !). La Newsletter vous
parviendra une fois par mois. Bref, un nouveau rythme pour une rentrée que je vous souhaite excellente.
A très bientôt sur Ecolodujour !
La semaine mondiale de l'Eau de Stockholm, qui est l’une des principales instances
mondiales à réunir chaque année des spécialistes du monde des affaires, des gouvernements, d'ONG, des secteurs scientifiques et de la gestion des ressources en eau, vient de se terminer. Comme
tous les ans, des idées et des solutions se sont échangées entre tous les participants. A la fois porteur d'espoir, ce projet ne doit pas non plus passer à coté d'éléments inhérents au
secteur de l'eau.
La Suède bénéficie d'une grande expertise quant à la gestion de l'eau. Ainsi, vous verrez des personnes se baigner en plein coeur de stockholm, ou même des pêcheurs positionnés
sur les différents ponts de la ville ! Imaginez le même tableau à Paris, Londres ou Berlin???? La Suéde a pris en considération de longue date l'importance de cette ressource, en dépolluant
les lacs intérieurs (en particulier, le lac Mälaren à l'ouest de Stockholm) et a entrepris des recherches et études sur l'impact industriel et humain sur la Baltique.
Ainsi, il n'est pas étonant de constater que la récente étude faisant état de 269 zones
mortes dans les mers et publiée dans le magazine Science, ait été en partie réalisée par l'Université de Göteborg. Avec 10 spots de "mer désertique" dans la Baltique, les
Suédois sont en première ligne des questions d'impacts humains sur les ressources en Eau (d'ailleurs, Fredrik Reinfeldt, le Premier Ministre suédois, prochain président en excercice de l'Union
Européenne en 2009, a décidé d'inscrire dans ses priorités la question de la pollution de la Baltique).
Cependant, au delà des échanges d'expertise et d'informations, il faudrait aussi se pencher sur les questions de corruption. Le récent rapport de l'ONG Transparency International sur l'eau est accablant.
Partant du constat que plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable, ce qui est une des premières causes de décés chez les enfants de moins de 5 ans, l'ONG a cherché à
comprendre pourquoi il était parfois aussi difficile de trouver des solutions adaptées aux besoins des populations......avec en ligne de mire, la corruption qui gangrène tous les
circuits !
"La corruption dans la gestion de l’eau contribue au rétrécissement des ressources et favorise la distribution inégale de l’eau, ce qui peut provoquer des conflits politiques et accélérer la
dégradation d’écosystèmes vitaux. Par exemple, en Chine, la corruption a affaibli la mise en œuvre des réglementations censées protéger l’environnement, entraînant la pollution des nappes
phréatiques dans 90% des villes et rendant plus de 75% des fleuves urbains impropres à la consommation ou à la pêche"
Si Transparency International dénonce au travers de nombreux exemples ces pratiques, l'ONG propose également des solutions :
- Etablir la transparence et la participation comme principes directeurs dans toutes les facettes de la
gouvernance de l’eau
- Renforcer le contrôle du respect de la réglementation
- Garantir une concurrence juste et une mise en œuvre responsable des projets hydrauliques
En tant que citoyen,
je vous incite à vous renseigner sur la qualité de l'eau dans votre région auprès de votre agence de l'eau. De même,
n'hésitez pas à aller participer aux rencontres et débats que ces agences organisent. Il faut en effet que les citoyens soient plus présents dans ces espaces. Et puis, si
vous souhaitez aller encore plus loin dans votre engagement, rejoignez le réseau du Water Integrity Network (WIN) , fondé en
2006 par Transparency International, en collaboration avec le Centre international de l'eau et de l'assainissement, le Swedish Water House et le Water and Sanitation Program-Africa.
Aujourd'hui, WIN est un réseau florissant d’organisations et d’individus engagés dans le combat contre la corruption dans tous les domaines du secteur de l’eau et tiendra son
prochain congrès annuel, en Septembre, à Montpellier.
Alors....vive les solutions techniques mais ne misons pas tout non plus sur "le progrès", n'oublions pas que l'éthique et la probité doivent être
les vertus portant tous les projets de développement humain.
Je vous avais déjà parlé il y a quelques semaines de l'île de Gotland, en
Suède.
Cette île suédoise, située en pleine mer Baltique, s'est donnée pour ambition de ne plus dépendre des énergies fossiles et nucléaires d'ici 2020 et donc de tout miser sur le "renouvelable". Afin
d'atteindre cet objectif, de nombreuses actions ont été mises en place aussi bien au niveau des collectivités locales que des particuliers (développement d'un parc éolien assurant à ce jour
22% de l'électricité, développement du micro éolien, de la géothermie et du solaire...).
Ainsi, la bibliothèque de Visby ("capitale" de Gotland et comptant environ 40.000 habitants l'hiver et environ le triple l'été) est une des actions à mettre au crédit de ce programme et constitue
très belle réussite architecturale et environnementale.
D'un point de vue architectural, le bâtiment est en plein centre de la vieille ville et s'intègre parfaitement dans cet univers médiéval si caractéristique de Visby. Ensuite, les concepteurs ont
cherché à mettre en place des solutions innovantes, avec comme objectif, une consommation maximum de 100 kWh/m²/an (pour mémoire, en France, nous avons une moyenne d'environ 150
kWh/m²/an). Cet objectif est d'autant plus ambitieux que le bâtiment est élevé et compte plusieurs niveaux. Or, plus les bâtiments sont en
hauteur, plus l'apport en énergie doit être important compte tenu des "fluides" à faire monter et circuler dans l'ensemble de la structure.
L'idée des concepteurs a été de faire appel aux ressources locales.
-Grace à une pompe à eau en pleine mer, on peut bénéficier de la fraicheur de la mer en été pour rafraichir le batiment. La température de l''eau pompée est comprise entre 6 et
8°
- Mais en plein hiver, cette pompe à eau permet également de chauffer le bâtiment. En effet, l'eau est chauffée grâce à une pompe à chaleur fonctionnant au propane.
- Des panneaux solaires judicieusement intégrés permettent d'alimenter en électricité les systèmes de chauffage et de rafraichissement. Si la production d'électricité est supérieure aux
besoins, le surplus est basculé dans les bâtiments municipaux situés à proximité.
- deux puits canadiens situés sur le toit favorisent l'utilisation de la lumière naturelle dans la bibliothèque, limitant ainsi le recours à un éclairage électrique
- des triples vitrages assurent une excellente isolation du bâtiment
- En plein hiver, les grandes surfaces vitrées permettent à la lumière de pénétrer naturellement dans les salles de lecture alors qu'en plein été, les arbres environnants et les surplombs
des toits permettent de faire de l'ombre et de limiter l'impact du soleil sur ces surfaces vitrées.
Cet exemple d'architecture durable, datant de 2005 et sur une surface de 5.400 m², montre à quel point il est important de prendre le plus rapidement possible le virage écologique.
L'énergie fossile est de plus en plus chère. A nous d'en tirer rapidement les conclusions et d'innover, comme à Gotland !
Un des puits de lumière situé sur le toit
.....une toiture en tuiles de bois.
Bravo pour vos réponses. A vous lire, j'ai l'impression que....c'était trop simple ou alors très fréquent d'en rencontrer en France (cela fait donc trop longtemps que je ne
suis pas rentré !!! :-) ). Toujours est il qu'en Suède, je n'en ai vu que sur les îles de Gotland et de Fårö (l'île de Bergman) et en plus, uniquement dans les anciens villages de pêcheurs.
En effet, Agathe, on en trouve également en Norvège sur les églises en bois debout.
Pour la Roumanie, je n'y suis jamais allé mais en Bulgarie, juste à côté, je n'ai pas le souvenir de toits en tuiles de bois.
Mais dites moi, où en voyez vous en France car sincèrement, je n'ai pas le souvenir d'en avoir vu très souvent !
Je rentre juste de vacances (en Suède) et voulais partager avec vous cette curiosité. A votre avis, qu'est ce que c'est?
Sinon, je devrais reprendre progressivement ce blog dans les jours qui viennent mais d'ici là, j'attends vos commentaires avec impatience !
Dans un monde où tout doit aller de plus en plus vite, où l'on devient très vite ringard, trop ceci, pas assez cela.....j'aime beaucoup cette
remarque du philosophe américain Henry David Thoreau (19ème siècle)
" Chaque génération se moque de la mode précédente mais suit religieusement la nouvelle"
A méditer, je trouve....
Je profite de cette période plus calme et de vacances pour vous faire partager des idées ou remarques que je vous trouve intéressantes.
Voici une oeuvre d'un artiste finlandais : Ilkka Halso, né en 1965.
Son travail est actuellement exposé au Moma, à New York, avec sa série sur le musée et la nature. J'aime beaucoup cette idée de mise en scène de la nature dans les musées. Faut il en arriver là
pour pouvoir apprécier tout simplement, ce que nous avons sous nos yeux?
A méditer, non?
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