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Le blog Ecolo du Jour a été lancé en 2006 afin de réfléchir, ensemble, aux meilleurs chemins à emprunter pour lutter contre le réchauffement climatique et rendre notre quotidien plus écologique. Il se veut un lieu personnel d'échanges, de réflexions mais aussi et surtout, créateur d'idées et d'espoirs !
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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 21:09

C’est quand même impressionnant de constater qu’avec un Panda comme logo, un nom particulièrement ancré dans les mentalités (à savoir le WWF), et bien, on peut amener tous les médias à écrire des choses fausses et inonder les réseaux sociaux de solutions erronées.

 

 

Depuis hier, on voit le classement publié par le WWF des 25 entreprises françaises les plus impactantes en matière d’environnement, sur la biodiversité…. Pourquoi pas et je ne conteste pas le fait que ces entreprises aient un réel impact…..Non, ce qui est choquant, et là où Pascal Canfin et le WWF se trompent totalement, c’est qu’ils nous font croire que la solution, pour que ces entreprises soient moins dévoreuses d’environnement, réside dans la certification.

 

Et là, je ne comprends même pas qu’un ancien Ministre ose tenir de tels propos …ou alors c’est peut être juste pour défendre son business actuel à la tête du WWF ??

Quand le WWF et Pascal Canfin se trompent complètement...et nous embrouillent !

 

Si la certification était la solution à tous nos problèmes, cela se saurait, non ?

 

Prenons 3 exemples. Pour le WWF, il faudrait que les entreprises du classement n’achètent que de l’huile de palme certifiée et … la vie serait vraiment plus belle pour la planète ? Désolé mais là, c’est clairement mensonger !

 

Premièrement, la certification pour l’huile de palme (RSPO) est tellement peu exigeante (elle ne protège en rien les tourbières ni les zones à forte valeur de carbone), que cet organisme de certification s'est cru enfin obligé de lancer très récemment une certification « + »… la "RSPO Next"  !

Deuxièmement, qui sont les plus gros consommateurs d’huile de palme dans le monde ? La Chine, l’Inde, l’Indonésie puis vient l’Europe. Qui peut croire un seul instant que si les entreprises françaises (voire européennes) consommaient toutes de l’huile de palme certifiée (mais on parle ici d’une VRAIE certification, pas d’un truc « light » comme c’est le cas actuellement), cela changerait les achats des Chinois ? Indonésiens ? Indiens ? ….

 

Mais nous, en France, nous serions satisfaits ! On aurait enclenché la « machine à fric » avec des « certifications », des « organismes certificateurs », des « organismes de contrôles »…. Au final, en tant que consommateur, nous sommes doublement victimes : on paye les produits plus chers (et oui, tout cela coûte très cher et est impacté sur le prix final) et on n’arrête pas la déforestation…un comble, non ?

Quand le WWF et Pascal Canfin se trompent complètement...et nous embrouillent !

Deuxième exemple avec le Soja. Qui peut croire que c’est du Soja certifié (encouragé là encore par le WWF) qui va arrêter la déforestation en Amazonie ? Ici aussi, on cherche à créer des « machines à fric » alors que les plus gros consommateurs de soja dans le monde ne sont pas les européens et que c’est bien le Moratoire sur le soja amazonien (initié et encouragé par Greenpeace) qui a permis de limiter fortement la déforestation en Amazonie !

 

Enfin, prenons le dernier exemple avec une autre certification, celle peut être la plus connue dans le secteur du bois : le FSC. Cette certification est exemplaire en matière de gestion des ressources forestières mais dans le monde, est ce que tous les exploitants des forêts ont les moyens financiers de faire des audits assez complexes pour acquérir cette certification ?

 

Clairement non donc, résultat, il n’y a dans le monde qu’une partie minime de forêts certifiées.

 

Et quand bien même….faut-il mieux pour une des entreprises présente dans le Top25 du WWF, acheter du bois « certifié » qui vient de l’autre bout du monde ou du bois local, sans certification mais géré durablement ? Car il faut dire que ce n'est pas parce que l'on n'a pas de certificat que l'on n'est pas vertueux ! 

 

Quand le WWF et Pascal Canfin se trompent complètement...et nous embrouillent !

Franchement, la ficelle est un peu grosse et je trouve que pour une organisation qui veut lutter contre l’épuisement des ressources naturelles, ce n’est pas sérieux. Ou peut-être est-ce simplement l’envie d’engranger de nouveaux clients ?

 

 

Dans tous les cas, ce n’est pas avec des « certifications » qui font plaisir à une certaine frange de consommateurs des pays riches que nous sauverons la planète. C’est plutôt en cherchant à transformer l’ensemble des filières, en y apportant de la transparence et en impliquant les populations locales concernées.

 

L’argent est là… et plutôt que de le mettre dans des certifications, mettons-le dans des outils qui transforment réellement car des solutions existent et elles ne demandent qu’à être encouragées !

 

Et puis, pour terminer ce coup de gueule, je trouve que la chanson d'Abba, Money, Money, Money, illustre bien cette démarche de certification mais hélàs ne nous sauvera pas du réchauffement climatique, de la déforestation ni de la perte de biodiversité. Par contre, elle enrichira pas mal d'intermédiaires d'ici là ! 

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commentaires

Jean-Christophe Delhaye 01/01/2017 16:15

Alors que 2017 ouvre ses portes à nos voeux les plus chers , pourquoi ne pas nous souhaiter une année 2017 riche en initiatives positives et constructives… en économie circulaire?

Une nouvelle année avec des projets porteurs d’avenir tels que ceux dont nous avons l’habitude de partager ici régulièrement,chers lecteurs.

Une année où ‘penser intelligent’ rime avec rationalité dans nos habitudes et nos usages de consommateurs pardon de consomm’acteurs !

Alors oui,’osons l’avenir’ ensemble pour un monde où l’humain deviendra le vecteur d’idées pour un meilleur ‘vivre ensemble’.

Voeux pieux?

Et pourquoi pas oser l’utopie afin de la transformer en réalité?

Il n’en tient qu’à nous … tous

Michel C 07/11/2016 17:27

Bravo à l’auteur de cet article.
Ichrate Cohen nous dit que « L'objectif de la certification est bien d'aller regarder plus précisément ce qu'il se passe sur le terrain, comment les bien sont produits, quels impacts ils ont sur l'environnement et/ou les populations locales… »
En effet c’est ce qu’on prétend… Mais nous sommes en droit d’en douter.

L’objectif des certifications comme des labels, n’est-il pas tout simplement de verdir l’image des entreprises ?

Le vert étant à la mode, surtout dans certains milieux… les produits labellisés sont un plus pour le business. Un quelconque label est censé garantir une certaine qualité, de couleur verte ils prétendent assurer une certaine éthique… ici le respect de l’environnement et des populations locales. Dans sa petite tête, l’ « éco-consommateur » imagine une certification avec des exigences draconiennes, une chaîne de contrôles stricts, etc. Alors qu’en réalité tout ça ne peut-être aussi... qu’une coquille vide. Autrement dit, une charte éthique (très à la mode aussi, même Monsanto a la sienne), des engagements sur du papier, du blabla, et puis c’est tout !

Devrions-nous nous réjouir , que même si tout n’est pas encore parfait, au moins le premier pas a été fait ?
Devrions-nous croire que la bonne intention existe et ne demande qu’à se concrétiser ?
Autrement dit, devons-nous croire aux bonnes intentions des entreprises quant à changer réellement leur finalité ?
L’éthique et la sauvegarde de l’environnement, en lieu et place du profit ?
Permettez-moi d’en douter.

Max 21/10/2016 20:34

Encore un exemple lamentable d'irresponsabilité et surtout d'incompétence. Ceci est d'autant plus grace que c'est l'image du WWF qui est écornée. WWF, institution grandiose connue depuis ma plus tendre enfance et qui a su faire germer des comportements écologiques dans de nombreux esprits.
Pourvu maintenant qu'ils considèrent leur erreur et rectifient leur tir.

Ichrate Cohen 10/06/2016 12:21

Bonjour,
La certification n'est-elle pas justement un bon moyen de "cherch[er] à transformer l’ensemble des filières, en y apportant de la transparence et en impliquant les populations locales concernées" ? L'objectif de la certification est bien d'aller regarder plus précisément ce qu'il se passe sur le terrain, comment les bien sont produits, quels impacts ils ont sur l'environnement et/ou les populations locales (là, ça dépend des labels et des certificats).
En fait, en lisant votre article, vous n'êtes pas du tout contre la certification mais vous êtes pour une certification plus approfondie, plus exigeante et au final plus efficace et plus partagée.
Mais un voyage de mille pas commence bien par un pas ! On ne peut pas reprocher aux entreprises de ne pas s'engager et exiger d'elle un engagement franc et massif, tout en leur reprochant quand elles commencent à trouver des solutions. Les marchés ne se changeront pas en un jour. C'est bien ce qu'on appelle la "transition". Et malheureusement il faut bien en passer par des étapes pas entièrement satisfaisantes mais toujours mieux que ce qu'il se passait avant en s'assurant que ce n'est bien qu'une étape au milieu d'une démarche de progrès plus longue, vous ne croyez pas ?

Jean-Christophe Delhaye 24/05/2016 19:56

Bravo pour vos informations pertinentes partagées avec nous! Au plaisir de vous lire.
Jean-Christophe Delhaye
http://jean-christophe-delhaye.over-blog.com/2016/05/la-biomasse-nouvel-eldorado-de-la-chimie-jean-christophe-delhaye.html